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Il n'est pas encore minuit... - création 2014

Compagnie XY

En 2009, la Cie XY constituait un collectif de 17 acrobates pour créer sous le regard de Loïc Touzé, «Le Grand C». Cette aventure artistique et humaine qui les a emmené aux quatre coins du monde, se poursuit aujourd'hui et se prolonge avec une prochaine création pour 24 acrobates. Mais qu'ont-ils encore à nous raconter?
Intentions
Avec «Le Grand C», nous avons élaboré les bases d'un langage physique spécifique aux portés acrobatiques et développé de nouveaux modes d'expressions corporelles autour d'une recherche par le nombre.
La prochaine création collective, s'appuie et prolonge cette démarche originale en travaillant la matière physique sur les concepts de la foule, de masse et d'îlots, du "porter" et "être porté", de "l'être ensemble", de l'envol et de la chute.
Un jeu de construction et déconstruction, composant et recomposant des formes comme un tableau vivant.
Nous voulons ainsi questionner les notions de travail, de solidarité, d'effort, de légèreté, de rigueur et de jeu dans toutes ses acceptions. Il sera éminemment question aussi du rapport de l'individu au groupe, en mettant à nu les forces et les faiblesses du collectif.
A l'évidence, cette création est une manière d'affirmer nos processus de création et notre fonctionnement de compagnie en collectif.
A l'évidence, le cirque est un art de l'action, chez XY la démarche est collective.
24 acrobates et Loïc Touzé comme complice
La dimension collective de l'œuvre n'est pas un présupposé, elle s'acquiert grâce aux processus de travail, aux interactions entre les individus, à ce qui se joue et se rêve dans l'instant d'une discussion, d'un rire ou d'un regard.
C'est une histoire de rencontre.
En ce sens notre démarche de création est à la fois très concrète (un travail physique de groupe pour former des images improbables et inattendues, repousser les limites de la pratique acrobatique) et totalement abstraite car c'est de l'action et l'interaction entre les individus que se dégagera le sens profond de l'œuvre.
L'acquisition de ce langage acrobatique pendant les années intenses de tournée nous donne le sentiment d'une plus grande liberté artistique sur cette création.
D'un désir ou d'une idée, il nous est désormais plus simple de l'exprimer, de la partager entre tous et de la mettre en œuvre physiquement. Surtout il est possible de jouer avec, de la manipuler, de la tordre dans tous les sens, là où auparavant il y avait nécessité de la suivre et de la respecter.
C'est ce qui motive le choix de travailler à nouveau avec Loïc Touzé qui possède à la fois une appréhension fine du travail collectif et autour de la masse et cette qualité de regard qui pointe ce qui fait sens et qui sonne juste pour le groupe.
Enfin il a suivi avec «Le Grand C» la naissance de ce langage acrobatique et exprimé son désir de s'engager plus encore dans ce projet.
Le passage de 17 à 24 acrobates démultiplie les possibles et nous permet de travailler différemment. Il est ainsi permis d'occuper l'espace en évoluant sous forme d'îlots à différents endroits du plateau, là où auparavant nous devions rester à proximité pour nous protéger et nous assurer les uns les autres.
10x10m. A nu

A nu l'espace de représentation qu'il s'agisse d'une cage de scène ou d'un décor naturel. Ce dépouillement répond à notre envie de placer les corps en avant sans artifice et dans un certain rapport au réel, au public et aux conditions de jeu. C'est pour nous une manière de mettre tout le monde dans la connivence de l'action circassienne.
Dans cet esprit, le spectacle sera créé avec une version en frontal et une version circulaire pour le chapiteau, l'extérieur ou tout lieu qui le permettra. Il y a là le plaisir d'expérimenter différents rapports au public mais aussi l'envie de pouvoir tout dévoiler, de tous côtés.
La création lumière suivra ce parti pris de simplicité et laissera une place importante au travail des artistes dans l'idée de souligner la virtuosité et la poésie des corps en mouvement. Nous essaierons toutefois de faire apparaître différentes zones sur le plateau et dans les hauteurs pour utiliser la technique des "apparitions-disparitions". Certains labos et résidences serviront spécifiquement à nous habituer à des éclairages plus difficiles (lumière mono source ou basse intensité par exemple.
Cette création verra l'arrivée d'objets qui se sont imposés dans notre recherche acrobatique.
Tout d'abord, avec les bascules apportées par les artistes qui rejoignent le collectif et qui répondent à ce sentiment de liberté artistique où s'exprime le désir d'approfondir les rapports entre "envol et chute" et "légèreté et masse".
Dans cette idée de l'envol, nous concevons un système de "planches sauteuses", des carrés de bois de différentes dimensions manipulés par les porteurs pour propulser les voltigeurs. Une autre manière de voltiger et de passer d'un point à un autre.
C'est une nouvelle contrainte et surtout un champ d'expérimentation quasi vierge.
Dès les premiers essais, il nous est apparu qu'elles auraient aussi une vocation scénographique. En les réunissant, en les inclinant, en les retournant, en jouant sur les différences de hauteur, il est possible de recomposer l'espace très rapidement et d'en inventer de nouveaux, comme cette idée de créer un second plateau à mi-hauteur, porté par des hommes cette fois.
Esprit de fête, de liberté, de résistance

Ce nouveau projet est pour le moment animé d'un bouillonnement de désirs et d'envies individuels mais là encore il est plus question des chemins à emprunter collectivement que de la mise en forme d'une idée.
En dehors du travail acrobatique, il est une danse, le Lindy Hop, qui est à ce stade un point de convergence entre les individus et les générations.
Cette danse née dans les années 20 à Harlem, sur une base swing, est un formidable terrain de rencontre collectif qui laisse la place à l'improvisation.
Et si elle n'est pas une finalité du spectacle, elle porte en creux ses intentions: affirmer le collectif, la prouesse, l'écoute et la confiance des corps comme un acte de résistance joyeux et poétique.

Conception et interprétation: Abdeliazide Senhadji, Adrià Cordoncillo Mitjavila, Airelle Caen, Alice Noël, Amaia Valle, Andres Somoza, Ann-Katrin Jornot, Antoine Thirion, Aurore Liotard, Chloé Tribollet, David Badia, David Coll Povedano, Denis Dulon, Emmanuel Dariès, Evertjan Mercier, Guillaume Sendron, Gwendal Beylier, Jérôme Hugo, Romain Guimard, Thibaut Berthias, Thomas Samacoïts, Tomàs Cardus, Xavier Ortega-Lavabre, Zinzi Oegema
Collaboration artistique
: Loïc Touzé
Création lumière: Vincent Millet
Création costumes: Nadia Léon
Régie générale, lumière, son
: Vincent Millet
Aide acrobatique
: Nordine Allal

CALENDRIER
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SITE XY ici

Coproductions et résidences: Le Cirque Théâtre d'Elbeuf, Pôle national des arts du cirque de Haute-Normandie - La Maison de la Danse (Lyon) - La Scène nationale de Sénart
Coproductions: La Biennale de la Danse 2014 (Lyon) - Espace culturel Jules Verne (Brétigny-sur-Orge) - L'Equinoxe, Scène nationale de Châteauroux - La Verrerie d'Alès en Cévennes, Pôle national des arts du cirque Languedoc-Roussillon - Théâtre'Orléans, Scène nationale - L'Onde, théâtre de Vélizy-Villacoublay
Résidences
: La Cité du Cirque (Le Mans) - CIRCa, Pôle national des arts du cirque Midi Pyrénées (Auch) - La Brèche, Pôle national des arts du cirque de Basse-Normandie (Cherbourg) - Le Prato, Pôle national des arts du cirque (Lille) - Le Pôle national des arts du cirque Méditerranée (La Seyne-sur-Mer)